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Mes coups de coeurs et mes coups de gueules au fil des jours ou des nuits...

20 ans sans Mur

Pour la pédagogie :  une chaine de télévision allemande, la Deutsche Welle  a réalisée une reconstitution 3D du rideau de fer : « Emmurés ! – la frontière interallemande ». Réalisée en coopération avec la Fondation du mur de Berlin, l’animation se concentre sur deux points de la frontière : la célèbre Bernauer Strasse, au centre de la capitale, et le village est-allemand de Hötensleben, situé en Saxe-Anhalt. Deux des rares endroits qui gardent aujourd’hui les stigmates de ce passé.



Ainsi que le site officiel de la ville de Berlin propose une grande sélection de ressources sur le Mur. Sur une carte interactive, il présente tous les postes-frontière en place jusqu'au 9 novembre 1989. Pour chacun d'eux, le site propose une sélection de photos d'archives et d'anecdotes les entourant.

Et enfin le quotidien allemand Frankfurter Zeitung propose une impressionnante animation multimédia présentant la construction et le fonctionnement du Mur.

Pour l'émotion : des sites donnent la parole aux témoins de l’époque, qui livrent des récits forts et poignants comme Ma vie avec le Mur sur Arte.tv. le récit de Helga Aue elle livre son récit dans une vidéo mise en ligne sur le site d’Arte, qui consacre une place très importante au 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin.

Pour la solidarité : L'association Reporters sans frontières s'est mobilisée pour célébrer la chute du Mur. Elle a créé un mur alimenté par des messages postés sur Twitter ainsi qu'un mur à détruire virtuellement moyennant un soutien financier à l'association.

En partenariat avec Reporters sans frontières, Hi-media Publishing, pôle Edition du groupe media on-line Hi-media, célèbre le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin en lançant le site éphémère www.fallberlinwall.com qui invite les internautes à détruire symboliquement le Mur, brique par brique.

A partir du d'aujourd'hui, les internautes peuvent se rendre sur www.fallberlinwall.com, accessible en France et dans 47 autres pays, choisir une ou plusieurs briques du Mur et les détruire en envoyant un simple SMS.


Pour l'analyse :

Les murs entre les hommes sont faits pour être détruits. Celui de Berlin, qui exprimait le refus de toute liberté migratoire dans les pays communistes, n’a pas manqué pas à la règle. Mais il laisse dans l’histoire architecturale, économique, comportementale, des traces visibles et son héritage géopolitique n’a pas fini d’exercer des effets. En partenariat avec le Diploweb, voici une mise en perspective géopolitique de la vie, de la mort et de l’héritage géopolitique du mur de Berlin.


Le mur de Berlin : vie, mort et héritage géopolitique

De tous les murs construits par l’homme, celui de Berlin présente dans l’histoire géopolitique une situation originale. C’est le seul mur dont les effets juridiques sont niés douze ans avant que son érection soit réalisée. En effet, la Loi fondamentale pour la République fédérale d’Allemagne (RFA) , promulguée le 23 mai 1949, définit la nationalité allemande en se référant au territoire du Reich tel qu’il existait le 31 décembre 1937. Son article 116 précise : "Sauf réglementation législative contraire, est Allemand au sens de la présente Loi fondamentale quiconque possède la nationalité allemande ou a été admis sur le territoire du Reich allemand tel qu’il existait au 31 décembre 1937, en qualité de réfugié ou d’expulsé appartenant au peuple allemand, ou de conjoint ou de descendant de ces derniers".

La Loi refuse implicitement d’accepter comme définitive pour les Allemands ainsi définis la nationalité de tout autre Etat existant ou susceptible d’être créé puisqu’ils conservent leur droit à la nationalité allemande. Cette Loi signifie donc que le "rideau de fer", déjà installé par les Soviétiques au moment où cette Loi entre en application, comme le mur de Berlin construit par la suite mais dont personne n’imaginait alors l’érection, n’ont aucun effet juridique privant les Allemands de leur nationalité au sein de la République fédérale d’Allemagne. Elle explique également pourquoi, dans la pratique, la réunification allemande du 3 octobre 1990, ainsi que l’accueil des Aussiedler, ces personnes de souche allemande originaires de territoires de l’ex-URSS, se sont assez aisément effectués par simple application de la Loi fondamentale, sans qu’il soit nécessaire de discuter et de promulguer de nouveaux textes.

Bien que n’ayant aucun effet juridique au regard du droit de tous les Allemands à la nationalité de la République fédérale d’Allemagne, le mur a néanmoins été construit. Il convient donc de présenter les facteurs ayant conduit à son érection. Ensuite, il faut préciser combien le mur était beaucoup plus qu’un mur stricto sensu. Pourtant, en dépit des risques, il n’est pas resté totalement infranchissable. Enfin, il convient de se demander si, vingt ans après le démantèlement du mur, s’exercent encore des conséquences géopolitiques de son existence.


Suite et source

Pour la poésie : Dans le cadre du concours Berlin Remix 09, l’Institut national de l’audiovisuel met à la disposition des internautes sur Dailymotion une trentaine d’extraits d’archives, afin qu’ils les utilisent pour enrichir de nouvelles créations autour du mur et de Berlin.

En conclusion :  Vingt ans après, certaines plaies du passé ont du mal à cicatriser :

Les Allemands de l'Est vivent entre la déception et l'oubli


Vingt ans après la chute du Mur, le choc des identités et des mémoires divise toujours les Allemands

Fin d’après-midi à la bibliothèque publique de Cottbus, à 130 km au sud-est de Berlin. Invitée par Wolfgang Neskovic, le candidat du parti de gauche Die Linke, l’écrivain Daniela Dahn, ancienne cofondatrice du mouvement d’opposition Renouveau démocratique en 1989, lit des extraits de son dernier ouvrage (1). Vingt ans après la chute du Mur, ce « livre bilan » dresse un réquisitoire contre un capitalisme qui n’aurait rien su faire de sa victoire.

« Ce n’est pas pour ce modèle de capitalisme rongé par la crise que nous nous sommes battus, ni pour ce genre de justice empoisonnée par la double morale de l’Ouest », martèle l’essayiste berlinoise devant une soixantaine de personnes. « L’Ouest a mis trop de temps à comprendre la simple idée que le marché ne suffisait pas à créer la liberté, l’égalité et la prospérité pour tous. » « Ne pas apprendre du perdant, c’est apprendre à perdre », insiste Daniela Dahn, qui redoute que la crise économique n’emporte la démocratie dans « la chute libre ». Un peu étonné de tant d’audace, l’auditoire attentif approuve de la tête.

Vingt ans après, Cottbus fait ses comptes. Au passif, un « rétrécissement » de 140 000 à 99 000 habitants, 16 mines de lignite fermées sur les 19 de la région, 80 000 postes supprimés à la centrale électrique, principale pourvoyeuse d’emplois de la cité. À l’actif, un centre historique restauré autour de l’Altmarkt, une zone industrielle en cours d’aménagement en bordure de l’ancien aéroport militaire, et un grand lac artificiel à la place des anciennes mines de charbon à ciel ouvert. Sans oublier « Cottbus Energie », le club de football local, qui était jusqu’à l’an dernier le seul de l’Est en première division de la Bundesliga…


Suite et source

Pour l'autre façon de voir :

Souvenirs journalistiques d’un voyage sur la route Berlin-Moscou en novembre 1989

Arrivé sur les premiers décombres du mur le 10 novembre 1989, et ayant été témoin, très jeune journaliste de la mise en place des premiers barbelés en août 1961, je m’apprêtais il y a 20 ans, à parler liberté, politique, répressions et idéologie avec la fantastique foule d’Allemands de l’Est et de Traban fumantes qui fonçaient hors de Berlin par les route et l’autoroute. Les rescapés des trois millions de nouvelles « voitures du peuple » produites par l’Allemagne de l’Est comme autre fois les coccinelles inventés par le régime nazi ont vécu et se vendent aujourd’hui comme des objets de collection et de nostalgie. Et les Allemands de l’Est ne parlent guère plus politique qu’il y a 20 ans. Sauf pour exprimer plus ou moins de la nostalgie. Parce que, probablement, ils se remettent difficilement du choc culturel qu’ils ont vécu entre la société de consommation de l’Ouest et la société de relative pénurie de l’Est. Partant en voiture pour Moscou à travers les pays de l’Est je suis alors à une vingtaine de kilomètres de Berlin où le mur s’effrite depuis la veille.

Les Allemands venus de l’Est dans leurs voitures qui se traînent ou qui attendent le long de l’autoroute, capots levés et mines soucieuses : ils demandent, à commencer par ceux qui ont des Lada, le luxe de l’époque, combien valent les Pontiac ou les Chevrolet. Ils citent des marques que je ne connais même pas, tournent autour de ma R 21, demandent comment fonctionnent le tableau de bord électronique et les portes qui se ferment toutes seules. Aux questions politiques, ils répondent bagnoles, dollars et salaires. Des « policiers du peuple" en patrouille se joignent aux conversations. Le soir des centaines d’Allemands de l’Est s’agglutinaient devant la vitrine du concessionnaire Mercédès le plus proche du mur. Puis, ils achètent des bananes et boivent du coca-cola dont ils chargent leurs sacs ou leurs voitures de retour. A « Check Point Charlie », la seule entrée alors encore vraiment praticable, aux guichets où se déroulait quelques jours plus tôt le processus immuable du contrôle des visas, trônent les mêmes bouteilles de coca et des piles de magazines aux titres et aux pin-up agressives. Le passeport est vaguement examiné et les chiens policiers ont disparu, peut-être partis à la chasse... Sur une Traban qui revient « à la maison » flotte un drapeau américain qui fait rigoler un douanier. Depuis une immense tribune improvisée, les caméras et les photographes guettent la moindre « image symbolique ». Les plus nombreux sont allemands et américains. Ces derniers expliquent souvent avoir l’impression « d’avoir gagné la guerre »...Georges Bush père est au pouvoir depuis 10 mois.

 

Suite et source


Mise à jour du 10/11/2009

Le mur tombe (symboliquement) une deuxène fois



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