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Mes coups de coeurs et mes coups de gueules au fil des jours ou des nuits...

Une guerre inutile et un éternel recommencement ?

Voilà déjà trois semaines qu'Israël est rentré en guerre contre le territoire palestinien de Gaza où vivent survivent plus d'un million et demi d'habitants sur 360 kilomètres carrés, une véritable prison à ciel ouvert. Des voix que l'on entend pas en France, surtout pas dans les journaux télévisés, s'élèvent contre les bombardements par air, mer et terre qui font des centaines de morts parmis la population civiles palestiniennes (plus de huit cents, sans compter les milliers de blessés). D'après les sondages plus de 91% de la population Israëlienne soutient cette guerre mais des voix discordantes sont là pour nous dire que cette guerre est inutile et renforce la haine entre les Palestiniens et les Israéliens. Voici quelques unes de ces voix que l'on entend pas assez.

Uri Avnery
dans un article pour le journal en ligne "Gush shalom" nous assure qu' "Israël a manqué un rendez-vous avec l'histoire pour faire la paix avec le nationalisme arabe laïque"

"Juste après minuit, la chaîne arabe Al Jazeera diffusait un reportage sur les événements à Gaza. Soudain, la caméra s’est dirigée vers le ciel nocturne. L’écran était noir. On ne pouvait rien voir, mais on entendait un bruit : celui des avions, un effrayant, un terrifiant vrombissement.

Il était impossible de ne pas penser à ces dizaines de milliers d’enfants de Gaza qui entendaient ce bruit à ce moment-là, se recroquevillant avec effroi, paralysés par la peur, attendant que tombent les bombes.

« Israël doit se défendre contre les roquettes qui terrorisent nos villes du Sud », déclarait le porte-parole israélien. « Les Palestiniens doivent riposter à l’assassinat de leurs combattants à l’intérieur de la bande de Gaza », affirmait celui du Hamas.

En fait, le cessez-le-feu n’a pas été rompu, car il n’y avait pas de véritable cessez-le-feu. La principale exigence pour tout cessez-le-feu dans la bande de Gaza doit être l’ouverture des points de passages à la frontière. Il ne peut y avoir de vie dans la bande de Gaza sans le passage d’un flux d’approvisionnement. Mais ces passages n’ont pas été ouverts, à l’exception de quelques heures de temps en temps. Le blocus sur terre, sur mer et dans les airs contre un million et demi d’êtres humains est un acte de guerre, tout autant que tout largage de bombes ou tirs de roquettes. Il paralyse la vie dans la bande de Gaza, en détruisant la plupart des possibilités d’emploi, en jetant des centaines de milliers de personnes au bord de la famine, en provoquant l’arrêt du fonctionnement de la plupart des hôpitaux, en perturbant l’approvisionnement en électricité et en eau." (...)


Source traduction : Association France-Palestine Solidarité


Pendant que Jimmy Carter (ancien président des Etats-Unis) ne dit pas autre chose mais avec d'autres mots en nous éclairant sur les négociations qui ont eu lieux avant le déclenchement du conflit le 27 décembre 2008 dans un article publié dans le "Washingtown post" et titré "Une guerre inutile"


"Je sais, de par mon engagement personnel, que les effets dévastateurs de l’invasion de Gaza par Israël auraient pu aisément être évités.

Après avoir visité Sderot en avril dernier et constaté les dommages psychologiques graves causés par les roquettes qui étaient tombées dans cette zone, ma femme Rosalynn et moi-même avons affirmé que leur lancement à partir de la bande de Gaza était un acte de terrorisme inexcusable. Bien que les victimes soient rares (trois morts en sept ans), la ville a été traumatisée par ces explosions imprévisibles. Environ 3000 habitants se sont déplacés vers d’autres villes, et les rues, les terrains de jeux et les centres commerciaux étaient presque vides. Le maire, Eli Moyal, avait réuni un groupe de citoyens dans son bureau pour nous rencontrer, et ils se sont plaints que le gouvernement d’Israël ne mette pas un terme à ces tirs de roquettes, soit par la diplomatie, soit par une action militaire.

Sachant que nous allions bientôt rencontrer des dirigeants du Hamas de la bande de Gaza et à Damas, nous nous sommes engagés à évaluer les perspectives d’un cessez-le-feu. Omar Suleiman, le chef des services de renseignements égyptien, qui menait la négociation entre les Israéliens et le Hamas, nous a appris qu’il y avait une différence fondamentale entre les deux parties. Le Hamas voulait un cessez-le-feu en Cisjordanie et à Gaza, alors que les Israéliens refusaient de discuter sur autre chose que la bande de Gaza.

Nous savions que les 1,5 millions d’habitants de Gaza étaient affamés. Le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation a constaté que la malnutrition aiguë dans la bande de Gaza était de même ampleur que dans les nations les plus pauvres du sud du Sahara, avec plus de la moitié de toutes les familles palestiniennes ne mangeant qu’un seul repas par jour."(...)

Source traduction "Contre Info"


En conclusion l'historien Pierre Razoux, sur le blog "Secret Défence" de Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, fait le tour des "ambitions" des forces en présence, cette guerre ne serait qu'une histoire d'élections tant pour le Hamas que pour Isarël. "Une sorte de campagne électorale aussi bien chez les Palestiniens que chez les Israéliens"


Quel premier bilan peut-on tirer des opérations militaires à Gaza ?

Avant de pouvoir tirer un bilan, il faut d'abord s'interroger sur les objectifs des deux acteurs en présence. Car c'est un conflit voulu à la fois par le Hamas et une partie de la classe politique israélienne. Pour le Hamas, il s'agit de légitimer son pouvoir à Gaza et, à terme, dans l'ensemble des territoires palestiniens. Comme le Hezbollah au Sud-Liban, il veut apparaître comme le meilleur défenseur des Palestiniens, meilleur que le Fatah, l'Autorité Palestinienne et Mahmoud Abbas. La logique du Hamas est la suivante : tôt ou tard, il y aura des élections libres chez les Palestiniens – le mandat d'Abbas arrive légalement à son terme ce vendredi 9 janvier - et nous les gagnerons. C'est une stratégie de conquête du pouvoir et le sort de la population civile n'entre pas en ligne de comptes.

Côté israélien, c'est la logique des élections générales prévues pour le 10 février, mais qui pourraient être reportées de quelques semaines. Tous les sondages indiquent que Benyamin Nethanyahou (Likoud, droite) devrait les emporter et qu'il ne pourra gouverner qu'avec une coalition, sans doute avec le centre. Toute la question est de savoir qui sera son meilleur allié : Ehud Barack, ministre de la Défense, à la tête du parti travailliste ou Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères, à la tête de Kadima ? Chacun joue sa carte. Et pour la première fois, il y a deux manoeuvres : l'une diplomatique (Livni) qui a précédé et qui accompagne les opérations militaires (Barack).

Cette guerre serait donc une sorte de campagne électorale aussi bien chez les Palestiniens que chez les Israéliens ?

Il y a de cela... Parlons plutôt de stratégies de pouvoir.(...)


Combien de temps les peuples de cette région vont attendre pour connaître enfin une paix durable et avoir enfin des dirigeants moins nombrillistes qui aspirent à s'entendre une bonne fois pour toute ? Je ne sais pas répondre à cette question malheureusement. Deux peuples que tout devrait rapprocher et que tout éloigne. L'année 2009 de ce côté de la planète commence mal et se sont les civils innocents qui trinquent comme toujours.

 

Salam/Shalom





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