Télézapping du 18/12/09
Réalisation Le Monde.fr
Radiozapping du 18/12/09
Réalisation Le Monde.fr
Films à Voir
2012
Cette année n'étant pas bénévole j'ai dû faire un choix et il s'est porté sur le 2ème week-end d'aout et plus précisément sur le concert du 08 aout.
Voici mes impressions du concert, entant que spectateur lambda, commencé à 21h et qui c'est fini à plus de 3h30 du matin !!
Si l'an dernier les conditions climatiques avaient conduit les organisateurs du festival à déprogrammer les frères Belmondo, il n’était en revanche pas question cette année malgré la pluie qui
menaçait une nouvelle fois, d’empêcher les deux frères de venir présenter au festival de Marciac le projet qu'ils ont créé depuis plus d'un an autour et avec le légendaire chanteur brésilien
Milton Nascimento. Beau projet s'il en est, se nourrissant des magnifiques compositions du chanteur, arrangées avec soin par Lionel Belmondo. Ce soir là, à Marciac, pour accompagner ce
projet les sections de cuivre qui suivent les deux frères depuis Hymne au Soleil étaient elles-mêmes accompagnées par les cordes de l'Orchestre National de Toulouse sous la direction (remarquable
d'intelligence) de Jean-Pierre Peyrebelle. Ce dernier apportait à la direction de ces jeunes musiciens un soin infini, faisant preuve d’une grande compréhension de la richesse de la musique du
chanteur jadis égérie de Wayne Shorter et de Joni Mitchell.
Pourtant la qualité des arrangements des frères Belmondo, que l’on avait tant aimé lorsqu’ils accompagnaient Yusef Lateef, semblaient ici mettre un peu le chanteur à l’étroit.
Et c’est paradoxalement, lorsque le quintet laissait la place entière au chanteur, lorsque celui-ci un peu fatigué et hiératique, se retrouvait seul avec cet orchestre à
cordes sur Milagre dos Peixes, qu'il trouvait alors d'incroyables espaces (voix entièrement libérée) et faisait pour la première fois du concert, courir un frisson
d'émotion sur le public gersois. Comme si un déclic s’était produit, c'est sur cette veine-là que l'ensemble pouvait fusionner réellement. Milton Nascimento perdant toute réserve, nous livrait
dans le prolongement de sa propre musique une berceuse de Ravel bouleversante qui chavira définitivement le public de Marciac.
Le deuxième concert de la soirée accueillait la formation de Laurent Cugny pour un hommage à Gil Evans. On sait que son fameux big band avait déjà eu l'occasion de travailler avec le génial arrangeur dans le cadre de l'ONJ entre 1994 et 1997. A Marciac Laurent Cugny avait réunit un véritable "all star" plus ou moins inédit avec quelques vieux briscards habitués de la maison et quelques nouveaux venus dans la troupe. Une section de cuivres survitaminée offrait l'occasion de quelques chorus de très haute volée dont un Stéphane Guillaume génialement décalé, un Thomas de Pourquery impressionnant ou un de Stéfano Di Battista moins Parkerien qu’à l’accoutumée et qui enchaînait sur deux titres composés par Laurent Cugny(Maurane dort et L'Âge de Noe) une de ces performances rare dont il a l'habitude. Malheureusement lors que le concert décollait réellement dans une veine où Frederic Monino, plus Jaco Pastorius que jamais, tenait une grande partie de la baraque , l'arrivée de David Linx créait une sorte de rupture qui manquait à la fois de cohérence et surtout d'équilibre dans la prise de son. On sortait un peu (hélas) de la logique " Gil Evans" pour un autre concert où, malgré les efforts du chanteur pour s'approprier l'orchestre, ses talents que l'on sait par ailleurs exceptionnels, se perdaient ici dans une masse sonore que l’ingénieur du son peinait à éclaircir. Et c’est finalement pour clore ce concert, les cuivres qui reprenaient l’ascendant sur une formidable compo de Laurent Cugny où Batista, de Pourquery et Pierre-Olivier Govin décidaient définitivement de faire sauter la baraque dans une sorte d'explosion funky absolument irrésistible.
Malheureusement je n'ai pas pu assister au dernier concert du trio d'Avishai Cohen, trop tard pour moi, mon gite étant à une trentaine de kilomètres de Marciac et qui connait un peu les routes du Gers sait qu'elles sont belles certes, mais peuvent être traitresses pour un conducteur pas très reveillé et de surcroit en pleine nuit ou les panneaux indicateurs ont tendance à jouer à cache cache .... Le lendemain, pendant le petit déjeuner, un charmant couple, qui était resté jusqu'à la fin, eu la gentillesse (ou la cruauté) de me chanter les louanges de ce dernier concert qui fût, d'après eux, d'une excélente facture.. Dommage... J'espère avoir l'occasion très bientôt de pouvoir l'écouter sur une scène jazz néerlandaise.
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